La corruption l’un des grands défis qui affecte le développement de la RDC

Alors que la République démocratique du Congo (RDC) se relève d’une longue période de violence et d’instabilité, elle est confrontée à l’héritage d’une corruption endémique à tous les échelons de la société, qui compromet la viabilité des institutions sociales et politiques. Les crises politiques à répétition, l’insuffisance des infrastructures, un environnement réglementaire sous-développé, le manque de capacités institutionnelles et la faiblesse de l’État de droit sont autant de facteurs qui alimentent la crise persistante de gouvernance du pays. La petite et la grande corruption, ainsi qu’un réseau complexe de clientélisme politique, s’insinuent dans tous les secteurs de l’économie, sapant les perspectives de développement et mettant en péril l’équilibre fragile de l’après-conflit. En dépit de ses richesses minérales considérables, l’extraction des ressources naturelles est toujours associée à une corruption généralisée, y compris au sein des forces armées, entraînant la violence, l’insécurité et le mécontentement de la population. La corruption au sein de l’administration douanière et fiscale, ainsi que dans la gestion des entreprises publiques, mine la capacité de l’État à percevoir des recettes et à sortir de l’ornière de la mauvaise gestion, du conflit et de la pauvreté. Dans ce contexte, le pays dispose de moyens limités pour relever les défis que posent la gouvernance et la corruption. Rien n’indique qu’il existe une volonté politique forte de combattre la corruption ou que des progrès ont été accomplis en termes de lutte anticorruption durant la période d’après conflit. Bien que, sous la pression de la communauté internationale, un dispositif juridique solide ait récemment été mis en place pour enrayer la corruption, celui-ci n’en demeure pas moins peu efficace. Le pouvoir judiciaire souffre d’un manque de ressources et de capacités. Il est, de surcroît, confronté à de grands défis en matière d’indépendance, d’ingérence politique et de corruption. Les autres institutions de gouvernance sont, quant à elles, faibles ou inexistantes. Les médias et la société civile agissent dans le cadre d’un environnement restreint, et courent de grands risques d’intimidation, d’arrestation et de harcèlement dès qu’ils dénoncent la corruption qui sévit dans le secteur public.

En RDC sévissent à la fois la corruption à petite échelle et la grande corruption, impliquant un large éventail d’agents publics, allant des fonctionnaires subalternes aux membres les plus hauts placés du gouvernement. L’inefficacité des structures gouvernementales, la faiblesse des capacités administratives ainsi que les bas salaires, associés à l’absence de surveillance, fournissent aux fonctionnaires tant d’opportunités que d’incitations à extorquer des fonds à la population (Global Integrity). Reflétant cette réalité, les formes de corruption bureaucratiques et administratives sont largement répandues dans l’ensemble des services et des départements publics. L’absence de transparence et de surveillance est tout particulièrement manifeste dans la gestion financière publique. Sur un autre plan, l’héritage politique des régimes précédents – au sein desquels les deniers publics ont été détournés pour maintenir divers réseaux népotiques – continue d’assombrir le paysage politique actuel. Diverses formes de népotisme politique et de clientélisme perdurent dans l’ensemble du système politique, comme en témoigne la surreprésentation des membres du Cabinet proches du Président. Le président Felix TSHISEKEDI qui a également remplacé J. KABILA après 18 ans au pouvoir gère les trente-sept entreprises publiques par ses propres relations, resserrant ainsi son emprise sur le pouvoir économique et politique. L’attribution des postes clés de l’administration est, en outre, fondée sur le copinage et le favoritisme plus que sur le mérite. Il est probable que cela sape les processus démocratiques et l’établissement d’institutions transparentes, sachant que la recherche de rentes et l’accès au pouvoir constituent les principaux facteurs qui incitent à entamer une carrière politique.

Nonobstant tous les efforts engagés par le pouvoir de Félix Tshisekedi pour faire reculer les murs de la corruption, il s’avère que le phénomène persiste encore comme le démontre le rapport de Transperancy International publié le 25 janvier 2022.  Les conclusions de ce rapport ne sont pas bonnes pour la RDC qui, au regard des données fournies, continue de stagner, se classant 169e pays sur les 180 cotés dans le monde.  A en croire le même rapport, le pays a obtenu 19 points sur 100, contre 18 points sur 100 l’année précédente, soit une progression d’une place et un léger recul de la corruption.      

L’indice de la perception de la corruption pour l’année 2021 place donc la RDC dans une situation inconfortable, laissant penser que tous les engagements pris dans ce domaine de la lutte contre la corruption n’auront été que de la poudre aux yeux. Cela procède, de l’avis des experts de Transperancy International, du contexte sanitaire mondial délétère et ce, malgré les engagements sur le papier.

Il en résulte que 131 pays n’ont pas fait de progrès significatifs dans la lutte contre la corruption au cours de la dernière décennie. Beaucoup en 2022, 27 pays au total, se situent à des scores historiquement bas dans l’indice, preuve que l’Afrique a plus besoin d’être requinquée pour s’atteler à l’effort de son développement.  La RDC est donc passée de la 170e place en 2020 à la 169e en 2021, montant d’un cran par rapport aux autres Etats. 

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