GOUVERNANCE MINIERE EN RDC

L’ONG Development Assistance International/Assistance Internationale pour le Développement « DAI/AID » demande au Gouvernement congolais d’instaurer plus de transparence  dans le secteur minier et de prendre les mesures nécessaires pour assurer la jouissance des droits humains dans ce secteur.

La République démocratique du Congo est un pays exceptionnellement riche en minerais mais reste aujourd’hui plongée dans la pauvreté – 80 % de sa population a un revenu inférieur à deux dollars US par jour.

Cette pauvreté est généralisée  sur l’ensemble du territoire et le quotidien des populations est d’autant plus compliqué que le pays manque de toutes les infrastructures de base : routes, hôpitaux, écoles, accès à l’eau et à l’électricité… Un niveau d’insécurité élevé s’observe dans plusieurs régions du pays (Nord et Sud Kivu, Tanganyika et Kasaï notamment) et des dizaines de groupes rebelles opèrent sans que l’État ne soit capable de les démanteler. A cela s’ajoute également des défis en termes de justice, de lutte contre l’impunité et de corruption. C’est au regard de ces défis cruciaux que la population attend d’ici 2023 des nouvelles élections présidentielles et législatives.

Alors que les sols congolais regorgent de richesses (diamant, or, minerais, bois, pétrole…), la population ne bénéficie pas des retombées de ces dernières qui sont encore trop souvent pillées pour l’enrichissement de quelques-uns.

La coordonnatrice Nationale de DAI/AID en RDC regrette de constater qu’après plus de 3 ans de la révision du code minier, le Gouvernement congolais ne prend toujours pas des mesures nécessaires pour assurer la jouissance des droits humains des congolais dans le secteur minier. Il s’observe également d’un manque de volonté politique pour instaurer plus de transparence dans le secteur minier.

« L’actuel Code minier prévoit notamment que l’exploitation minière soutienne le développement économique, social et culturel des communautés à proximité des sites miniers. Cependant, plus de 3 ans après la révision du Code, la méconnaissance de ses dispositions et de ses mesures d’application par de nombreux acteurs du secteur et la persistance des imprécisions et contradictions réglementaires continuent d’être des obstacles à sa mise en œuvre effective souligne Madame Gracia Buhendwa, Coordonnatrice Nationale de DAI/AID RD Congo.

Par conséquent, l’extrême pauvreté dans les communautés vivant à proximité des zones minières persiste et les expulsions de populations par les industries minières continuent sans que les procédures prévues par le Code soient respectées. Les mesures d’accompagnement et d’encadrement de l’exploitation artisanale ne sont pas non plus mises en place. Nous observons d’ailleurs la persistance du travail des femmes enceintes et des enfants dans les mines artisanales dans des conditions déplorables. Toutes ces problématiques sont accentuées par les effets de la crise de la Covid-19.

Nous soutenons qu’il existe un lien évident entre la mauvaise gouvernance du secteur minier et les menaces à la paix et la sécurité dans de nombreuses régions de la RDC, notamment à l’est.

Dans ce contexte, il est primordial que le Gouvernement prenne les mesures nécessaires pour assurer la jouissance des droits humains dans le secteur minier et il faut que le code minier et ses mesures d’application auprès de tous les acteurs du secteur soit vulgarisé ; Que le Gouvernement congolais assure un contrôle effectif de la mise en œuvre de ses disposition ; et qu’il prenne des mesures sérieuses pour lutter contre la corruption et la fraude minière, l’exploitation illicite des minerais et faire en sorte que les minerais de la RDC profite aux peuples congolais.

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