DAI/AID RD CONGO intervient en faveur de la population du Sud-Kivu affectée par une vulnérabilité due à l’insécurité alimentaire

Development Assistance International/Assistance Internationale pour le Développment “DAI/AID” intervient en faveur de la population du Sud-Kivu affectée par une vulnérabilité due à l’insécurité alimentaire après avoir constaté que  la majorité de la population dans les villages du Sud-Kivu est en insécurité alimentaire. Cette situation est en partie liée à de nombreux paramètres qui sont : des conditions physiques et environnementales difficiles, à la faible disponibilité des terres arables, aux problèmes d’accès au financement des activités agricoles, au faible encadrement et à un accès aux connaissances nécessaire insuffisante, à une inégalité dans la distribution du revenu et de la richesse, à la baisse de la productivité, à la dégradation des infrastructures de base et à un faible niveau du capital social. Bien que les périodes de récolte permettent à certains ménages d’être en sécurité alimentaire grâce au bas prix des produits alimentaires, il est difficile de constituer des actifs solides pour survivre durant la période de soudure. À cause de la baisse des productions et de l’insécurité foncière, les ménages dans les villages d’étude dépendent à la fois des activités agricoles et non agricoles. Malgré la complexité du problème, les ménages ont besoin et méritent un soutien accru. Ce soutien devrait être basée et construit sur les pratiques locales tout en répondant aux diverses menaces qui pèsent sur leur mode de production.

Les  perceptions paysannes sur les causes de l’insécurité alimentaire sont à trouver parmi les facteurs qui affectent la sécurité des moyens d’existence au niveau micro et macro, DAI/AID trouve qu’il est évident que les chocs qui affectent la production agricole soient au premier rang des causes à l’origine de l’insécurité. L’impact des faibles rendements de cultures sur la catégorie fragile est plus élevé dans le groupement où l’accès à la terre est limité.

Le changement climatique, en particulier dans les fluctuations de la pluviométrie, constitue une contrainte majeure au développement agricole. Les paysans dans la zone d’étude sont confrontés à un double problème de précipitations faibles et fluctuantes. Les années avec une abondance de pluies ne se traduisent pas nécessairement par des conditions d’humidité adéquates pour les cultures en raison de la mauvaise répartition dans les mois pluvieux. Des études empiriques montrent qu’il existe une corrélation entre les précipitations annuelles et le nombre de jours de pluie (FAO, 2007). À Kamanyola par exemple, les populations interrogées ont estimé être chaque fois confrontées aux problèmes de sécheresse qui entrainent une perte de toute la production. Le calendrier agricole est souvent perturbé par le manque de connaissances sur les périodes propices pour le semi.

La dégradation des terres, la surexploitation et la perte de fertilité qui résultent de la pression démographique et qui conduit à la réduction des périodes de jachères et à la culture permanente sur les terres (rapporté dans tous les entretiens avec les ménages) constituent des facteurs limitants de la productivité agricole. Ruttan (1998) estime que la dégradation du sol et l’érosion sont vues comme de vraies menaces à la croissance soutenable de la production agricole dans les pays développés et en développementLa suppression des subventions agricoles depuis le programme d’ajustement structurel et le manque de prêts pour les petites exploitations agricoles, le faible niveau de production du fumier à cause de la diminution des effectifs du cheptel exercent un effet négatif sur la production vivrière. Selon Gerner et Harris (1993), l’utilisation de l’engrais comme source externe de nutriments des plantes ne couvre qu’entre 11 et 22 % des cultures céréalières en Afrique. A Ikoma, Nyangezi et Bugobe 20 % des ménages ont affirmé avoir fait recours aux engrais organiques, à Kamanyola l’utilisation des engrais n’est pratiquée par aucune personne parmi les interrogées.

Les obstacles à l’agriculture sont aussi liés à l’accès à la terre selon les enquêtes, à la disponibilité de la main-d’œuvre, à la technique de production, aux infrastructures, au dysfonctionnement des marchés du crédit et des intrants et à la fréquence du risque de production lié aux contraintes environnementales, à la faible intégration de la filière, à l’accès à la vulgarisation et aux organisations rurales ont été relevés par les répondants.

En effet, l’absence de politique de sécurisation foncière appropriée fait que certaines catégories de producteurs issues de l’économie familiale (autochtones, femmes, jeunes, migrants…) se heurtent à des difficultés d’insécurité alimentaire. À ce propos, Bogale et al. (2006) met en évidence que la rareté des terres dans le contexte de l’absence de définition précise des droits de propriété entraine à la perpétuation de la pauvreté et à l’insécurité alimentaire pouvant conduire même à des conflits. L’infrastructure rurale reste une contrainte majeure dans la province malgré la constance de l’objectif de sécurité alimentaire des ménages pauvres dans les discours politiques. Dans la province, l’agriculture n’est pas une priorité dans l’allocation des investissements. Il suffit de voir dans le budget de l’État la part consacrée à la recherche et au développement agricole pour s’en rendre compte.

D’autre part, au niveau de chaque groupement il n’y a aucune institution qui s’occupe de la commercialisation des produits agricoles. L’intégration entre les filières qu’on devrait observer en aval n’existe pas encore. Ce manque des structures de soutien est une caractéristique de toutes filières agricoles au Sud-Kivu. Il se peut donc que nos milieux soient caractérisés par un dysfonctionnement total du marché. Cet état de choses rend les ménages vulnérables face aux menaces des produits importés. Les principales faiblesses des marchés résident dans les fortes fluctuations des prix qui constituent une source majeure de risque pour les producteurs. Cette instabilité des prix est surtout liée aux fortes fluctuations des productions nationales, à l’étroitesse des marchés, à la faiblesse du stockage, aux coûts des transactions élevés entre les producteurs et les intermédiaires, et au manque d’information de marché. Développer les marchés et les échanges afin d’assurer des débouchés porteurs aux producteurs demandent non seulement la modération de l’instabilité des prix à travers le développement des infrastructures de transport et de l’information, mais aussi l’accroissement de la compétitivité des produits locaux pour faire face aux importations dont la qualité reste d’ailleurs à déterminer. Environ 73 % procèdent aux achats des nourritures juste après la récolte à cause des mauvaises récoltes et de l’absence des moyens de conservation adéquats. Ce qui prouve à suffisance que nos enquêtés, non seulement ils sont en insécurité alimentaire, mais ont aussi perdu leur autosuffisance alimentaire pour toutes les cultures qu’ils pratiquent. Ils sont confrontés à des défis majeurs à tel point que les politiques mises en œuvre peinent à intégrer leur problème : celui de concilier les mutations en cours avec les exigences de l’environnement.

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